Nos universités, usines à diplômés
14 04 2008Le journal La Presse a entrepris aujourd'hui la publication d'une série de reportages sur la qualité de l'enseignement au niveau universitaire. On y lit que le niveau baisse. C'est ce qui expliquerait que le taux de diplomation a augmenté au cours des 20 dernières années malgré le fait que les étudiants des cégeps arrivent de moins en moins bien préparés à l'université et que la qualité de l'enseignement n'est pas au rendez-vous. Et ce n'est pas près de s'arranger.
À compter de septembre prochain, les élèves de cinquième secondaire n'ayant pas obtenus leur diplôme pourront quand même entreprendre des études collégiales s'il leur manque pas plus de 6 unités. Par exemple, le cours de français vaut 6 unités. Les décrocheurs qui ont quitté le secondaire depuis deux ans pourront aussi être admis au cégep en présentant une combinaison valable de scolarité et d'expérience. Je suis curieux de savoir quel genre d'expérience de travail pertinente pourront présenter ceux qui n'ont pas leur diplôme du secondaire. Livreur de dépanneur sera-t-il considéré comme une expérience en relations publiques pertinente pour être admis en communications au cégep? Voilà une autre preuve de la créativité débridée des idéologues du ministère de l'éducation pour contrer le décrochage. À tous ceux qui se sont défoncés pour obtenir leur diplôme d'études secondaires, basta!
On ne peut pas évaluer la qualité de l'enseignement sans tenir compte de la qualité des étudiants. Le système semble vouloir s'ajuster à cette donnée fondamentale. On entend les expressions formations à rabais et diplômes à rabais. En fait tout le système d'éducation est à rabais y compris les frais de scolarité bien sûr. Les universités se perçoivent comme les Holt Renfew de l'éducation alors qu'elles ont de plus en plus l'air de Doloramas.
Publié par : jacqueso à 11:15:09Permalien
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